LITTORAL AQUITAIN, HORS SAISON
     
LITTORAL AQUITAIN, HORS SAISON
LITTORAL AQUITAIN,
HORS SAISON
de HENDAYE à la POINTE DE LA GRAVE

Il restait peut-être un photographe dans les Landes qui ne s’était pas attelé à immortaliser la côte aquitaine. Ce projet me démangeait en effet depuis un certain temps et une question préalable s’est imposée à moi : fallait-il traiter le sujet en pleine saison touristique ou hors saison. Condition décisive car elle allait guider mon approche à l’égard de cette côte d’argent si différente selon les saisons. J’ai finalement opté pour la période creuse car le déferlement touristique restait somme toute réduite sur la durée.
Je me suis donc retrouvé seul au milieu d’un désert de sable et de bâtiments délogés, côtoyant le vent, la lumière froide de l’hiver et le bruit retentissant de l’océan occupé à dérouler sa houle devant un public absent. Le littoral aquitain est unique dans son genre : des kilomètres et des kilomètres de plages bordées de dunes plus ou moins imposantes avec une visibilité réduite en longueur. Et ce bruit omniprésent de la vague puissante qui vous rappelle constamment à l’ordre et ce vent parfois violent qui vous freine dans votre travail. Ces grains de sables qui s’immiscent dans les mécanismes fragiles des appareils photographiques et qui peuvent enrayer l’inspiration sans prévenir. Cette ambiance rare est du pain béni pour ceux qui veulent voir et traduire le paysage qu’offre ce littoral. J’espère que mes images sauront montrer les sensations souvent mélancoliques qui m’ont assaillies lors de ces longues promenades. Comment ne pas ressentir devant ces horizons lunaires et démesurés un certain vague à l’âme et un sentiment d’ humilité profonde.
Durant ces longues randonnées une impression d’usure - à l’image de l’érosion dunaire – m’a assailli et ne m’a plus lâchée. Comme si l’océan rongeait tout sur son passage. Comme si l’eau salée conjuguée avec le sable avait deux missions à remplir : ériger des plages pour les estivants et grignoter le littoral pour se nourrir. Le contemplatif, lui - ou plutôt moi, a néanmoins tenté de faire fi de ces considérations bassement géologiques et s’est concentré sur l’atmosphère spécifique du bord de mer.

Jean Hincker, 2009



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